Guide
Combien de temps conserver les logs d'un pare-feu ?
Il n'existe pas une durée unique. Elle dépend de ce que fait votre réseau : accès ouvert au public, système d'un opérateur d'importance vitale, usage interne. Voici les repères officiels, avec leurs sources.
Publié le · par l’équipe Infralogs
La réponse courte
Pour la plupart des réseaux, douze mois couvre les obligations et les recommandations publiées. C’est la durée prévue pour les données techniques de connexion d’un accès internet ouvert au public. C’est aussi la borne haute de la fourchette que la CNIL recommande pour la journalisation. Aller au-delà doit se justifier, et une durée plus courte suffit souvent pour un réseau purement interne.
| Situation | Durée | Source |
|---|---|---|
| Accès internet ouvert au public : données techniques (adresse IP, port, identifiants d’appareil) | 1 an | CNIL, 2024 |
| Même accès : informations de compte (identifiant, pseudonyme) | 1 an | CNIL, 2024 |
| Même accès : identité civile, seulement si vous choisissez de la recueillir | 5 ans | CNIL, 2024 |
| Opérateurs d’importance vitale et de services essentiels : journaux de leurs systèmes critiques | au moins 6 mois | Arrêtés cités par l’ANSSI |
| Journalisation des applications qui traitent des données personnelles | 6 mois à 1 an, jusqu’à 3 ans dans certains cas | CNIL, 2021 |
| Wi-Fi réservé aux salariés | pas d’obligation au titre de l’accès public | CNIL, 2024 |
Un accès Wi-Fi ouvert au public : un an
Une commune, un hôtel, un restaurant ou un camping qui offre internet à ses visiteurs devient, au sens de la loi, un fournisseur d’accès. La CNIL indique que les données techniques de connexion, comme l’adresse IP, le port et les identifiants d’appareil, se conservent un an. Les informations de compte se conservent un an également. L’identité civile ne se conserve cinq ans que si l’organisme choisit d’identifier ses utilisateurs, ce qu’il n’est pas tenu de faire pour un simple accès Wi-Fi.
Les entreprises et les administrations ne sont pas concernées pour le Wi-Fi de leurs salariés. Elles le sont dès que le réseau est ouvert à leurs visiteurs. Notre guide Wi-Fi public : quelles données conserver détaille ce cas.
Opérateurs d’importance vitale et de services essentiels : au moins six mois
Les arrêtés sectoriels des opérateurs d’importance vitale imposent un système de journalisation dont les événements sont « centralisés et archivés pendant une durée d’au moins six mois ». L’ANSSI rappelle que des règles identiques s’appliquent aux opérateurs de services essentiels, en vertu de l’arrêté du 14 septembre 2018.
La recommandation de la CNIL : six mois à un an
Dans sa délibération n° 2021-122, la CNIL recommande de conserver les journaux « pendant une durée comprise entre six mois et un an ». Elle admet une durée plus longue, jusqu’à trois ans dans les cas les plus courants, quand le risque le justifie. Cette recommandation vise la journalisation des applications qui traitent des données personnelles. Le texte précise qu’elle ne s’applique pas à la journalisation périmétrique, celle des pare-feu, qui répond à une logique différente. L’ANSSI s’y réfère néanmoins comme repère pour le cas général.
Ce que recommande l’ANSSI
Le guide de l’ANSSI sur l’architecture d’un système de journalisation pose trois principes :
- la durée de conservation est fixée par le cadre légal, à vérifier pour chaque organisation ;
- la détection d’une attaque, avérée ou suspectée, justifie de conserver les journaux au-delà de cette durée ;
- les journaux doivent être supprimés automatiquement au-delà de la durée retenue, y compris sur les serveurs de collecte.
NIS2 : pas encore de durée en France
La directive européenne NIS2 demande aux entités concernées de journaliser et de protéger leurs journaux. Sa transposition française, le projet de loi dit « Résilience », n’était pas promulguée à la date de cet article. Aucune durée de conservation propre à NIS2 ne s’impose donc encore en France.
Comment Infralogs s’y adapte
- Douze mois inclus dans chaque licence de production.
- Une durée réglable par collecteur, d’un jour à douze mois, pour ne garder un site que le temps nécessaire.
- Au-delà de douze mois, sur devis, pour une obligation ou une procédure qui l’exige.
- Une suppression automatique des journaux de chaque collecteur à l’échéance.
- Un hébergement en France, et des journaux qui voyagent chiffrés en TLS si vos équipements le permettent.
Sources
- CNIL, « Fournir un accès internet public : quelles sont vos obligations ? », 17 juillet 2024
- CNIL, délibération n° 2021-122 du 14 octobre 2021, recommandation relative à la journalisation
- ANSSI, Recommandations de sécurité pour l'architecture d'un système de journalisation (ANSSI-PA-012), 28 janvier 2022