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Logs internet en entreprise : ce que permet le RGPD, et combien de temps les garder
Un pare-feu ou un proxy enregistre la navigation des salariés. Ces logs sont des données personnelles : l'employeur peut les garder pour la sécurité, à condition de respecter quelques règles. Voici lesquelles, d'après la CNIL et le Code du travail.
Publié le · par l’équipe Infralogs
La réponse courte
L’employeur peut conserver les logs de navigation de ses salariés pour protéger son système d’information, six mois à un an. Il doit informer chaque salarié avant la collecte et, dans une entreprise d’au moins 50 salariés, consulter le CSE avant la mise en place.
| Question | Règle | Source |
|---|---|---|
| Combien de temps ? | 6 mois à 1 an ; au-delà, la durée doit être justifiée et documentée | CNIL, 2021 et 2026 |
| Pour quoi faire ? | La sécurité du système d’information, pas la surveillance des salariés | CNIL, 2026 |
| Sur quelle base ? | L’intérêt légitime de l’employeur, mis en balance avec celui des salariés | CNIL, 2026 |
| Faut-il prévenir les salariés ? | Oui, individuellement et avant toute collecte | Code du travail, L1222-4 |
| Faut-il consulter le CSE ? | Oui dès 50 salariés, avant la décision ; la CNIL recommande de l’associer dans tous les cas | Code du travail, L2312-38 ; CNIL, 2026 |
Des logs qui sont des données personnelles
Un pare-feu ou un proxy relie chaque connexion à un poste, souvent à une personne. La CNIL cite les données qu’un tel dispositif peut collecter : l’identité de l’utilisateur, l’adresse IP de son poste, tout ou partie de l’adresse consultée, l’heure, la catégorie du site et l’action, autorisée ou bloquée. Ce sont des données personnelles : le RGPD s’applique.
La sécurité, pas la surveillance
La CNIL juge légitimes trois finalités : respecter les exigences de cybersécurité du RGPD, protéger le système d’information contre les attaques, et empêcher l’accès aux sites illégaux ou malveillants. Les logs ne doivent pas être réutilisés pour autre chose, et le dispositif ne doit pas conduire à une surveillance excessive des salariés.
Le traitement repose en général sur l’intérêt légitime de l’employeur, qui doit le mettre en balance avec les droits des salariés. L’obligation de sécurité du RGPD ne suffit pas, à elle seule, à rendre un proxy obligatoire.
Combien de temps les garder
La CNIL demande une durée proportionnée au besoin. Ses préconisations sont de six mois à un an, et sa recommandation sur le filtrage web y renvoie : une durée plus longue doit être justifiée et documentée. À l’échéance, les logs doivent être effacés.
Notre guide Combien de temps conserver les logs d’un pare-feu ? rassemble les autres durées, dont celle du Wi-Fi ouvert au public.
Ce qu’il faut faire avant de les collecter
- Informer chaque salarié. Aucune information le concernant ne peut être collectée par un dispositif qu’il ne connaît pas. La CNIL conseille de le prévoir dans une charte informatique annexée au règlement intérieur, remise à chaque arrivée.
- Consulter le CSE. Dès 50 salariés, il est informé et consulté avant la décision de mise en place. La CNIL recommande de l’associer même quand ce n’est pas obligatoire, ainsi que le délégué à la protection des données.
- Limiter ce qui est gardé. Pas de contenu des pages. Si le trafic chiffré est inspecté, la CNIL demande d’exclure les sites sensibles, comme les banques, la santé et les administrations.
- Envisager une analyse d’impact. Les salariés peuvent être considérés comme des personnes vulnérables face à leur employeur : avec une surveillance systématique, deux critères sont déjà réunis.
Postes Windows, Wi-Fi, télétravail : ce que voit le pare-feu
Le pare-feu ne journalise que le trafic qui passe par lui.
| Le poste est… | Ce que le pare-feu peut journaliser |
|---|---|
| Sur le réseau ou le Wi-Fi de l’entreprise | Chaque connexion ; avec le filtrage web, le site, sa catégorie et la décision |
| En télétravail par VPN | La connexion au VPN ; toute la navigation si le VPN la fait passer, sinon le seul trafic vers l’entreprise |
| Sur une autre connexion, sans VPN | Rien : seul un logiciel installé sur le poste verrait cette navigation |
Relier une adresse à un poste. Une ligne de pare-feu porte une adresse IP. Quand le pare-feu identifie les utilisateurs, par exemple par un agent relié à l’Active Directory, le compte Windows figure sur la ligne. Sinon, les baux DHCP disent quel poste avait cette adresse ce jour-là.
Le site, pas la page. Sans déchiffrement du trafic HTTPS, le pare-feu voit le plus souvent le nom du site, pas la page consultée. Déchiffrer pour voir la page impose d’exclure les sites sensibles.
Visiteurs et salariés sur le même pare-feu. Les connexions d’un Wi-Fi ouvert au public se conservent un an. Si elles passent par le même pare-feu que celles des salariés, une durée d’un an respecte les deux règles.
Si un prestataire conserve les logs
Pour un service hébergé, la CNIL recommande :
- un contrat de sous-traitance conforme à l’article 28 du RGPD ;
- de vérifier tout transfert de données hors de l’Union européenne ;
- de pouvoir récupérer les logs en cas d’audit ;
- de s’assurer de la sécurité du prestataire.
Avec Infralogs :
- le filtrage web de Stormshield, FortiGate et Sophos est lu : le site, sa catégorie, la décision, et le compte quand le pare-feu l’identifie ;
- les baux DHCP de pfSense, OPNsense, MikroTik et UniFi disent quel poste avait quelle adresse ;
- les connexions VPN des télétravailleurs, réussies ou en échec, sont suivies par la Surveillance ;
- la durée se règle collecteur par collecteur, d’un jour à douze mois, puis les logs sont effacés automatiquement ;
- OXYFER, qui édite Infralogs, agit comme sous-traitant, et un accord de traitement des données fait partie du contrat ;
- les logs sont hébergés en France et restent consultables et téléchargeables pendant toute la durée de conservation.